Archives départementales d'Indre et Loire

Archives 37 Conseil général d'Indre et Loire

Découvrir les archives d'Indre et Loire

Chercher

Apprendre

Accueil | Document du trimestre

>> RETOUR   

Vue du château de Chenonceau [7 Fi 210]
Vue du château de Chenonceau [7 Fi 210]
Archives départementales d'Indre-et-Loire ©
26 JANVIER 2012
  • Le séjour de Jean-Jacques ROUSSEAU au château de Chenonceau
2012 est l'année anniversaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, né le 28 juin 1712.
Cette figure littéraire et philosophique si importante n'a séjourné que très peu de temps en Touraine. Ce fut en 1746-1747, principalement à Chenonceaux, comme secrétaire de la propriétaire du château, Louise Dupin. A cette époque, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) n'a pas encore composé ses grandes oeuvres. Son Discours sur les sciences et les arts n'est écrit et publié qu'en 1750.

En 1723, Claude Dupin (c. 1680-1769), veuf, épouse en secondes noces Louise-Marie-Madelaine de Fontaines, la fille de l'acteur Dancourt. Secrétaire du roi et fermier général, Claude Dupin acquiert en 1733 le marquisat du Blanc et la châtellenie de Chenonceau. Claude Dupin a eu deux fils, Louis-Claude Dupin de Francueil (1715-1787), né de son premier mariage, et Jacques-Armand Dupin de Chenonceaux (1730-1767). Claude Dupin publia deux ouvrages économiques et politiques, i>Oeconomiques (3 volumes, 1745) et Réflexions sur quelques parties d'un livre intitulé « de l'esprit des lois » (2 volumes, 1749).

Au château de Chenonceau, les Dupin entretiennent une trentaine d'artistes, principalement des musiciens. Louise Dupin protège les hommes de lettres et Jean-Jacques Rousseau devient son secrétaire. Jean-Jacques Rousseau, qui a rédigé quelques deux cents articles de musique pour l'Encyclopédie et qui pratique l'épinette et le chant partout où il réside, se trouve en bonne compagnie. Louise Dupin recevra à Chenonceaux Voltaire, Fontenelle, Buffon, Marivaux.
Bien que Jean-Jacques Rousseau ait écrit un Mémoire présenté à M. Du Pin sur l'éducation de Monsieur son fils, oeuvre restée manuscrite dans laquelle certains voient une ébauche de l'Emile (1762), il semble que l'écrivain ne fut pas le précepteur du second fils de Claude Dupin.
Le fils aîné Dupin, Louis-Claude, se passionnant pour les sciences physiques et la chimie ; Jean-Jacques Rousseau l'aide dans ses études. On a pu voir dans les instruments de physique en provenance du château de Chenonceau, connus sous le titre « instruments de cabinet de physique de Jean-Jacques Rousseau », ceux qui servirent à l'écrivain pour travailler à Chenonceaux lors de son séjour en 1747 :
« En 1747, nous allâmes passer l'automne en Touraine, au château de Chenonceaux, maison royale sue le Cher bâtie par Henri second pour Diane de Poitiers, dont on y voit encore les chiffres et maintenant possédée par M. Dupin, fermier général. On s'amusa beaucoup dans ce lieu ; on y faisait très bonne chère ; j'y devins gras comme un moine. On fit beaucoup de musique. J'y composai plusieurs trios à chanter, pleins d'une assez forte harmonie […]. On y joua la comédie. J'y en fis, en quinze jours, une en trois actes, intitulée L'Engagement téméraire qu'on trouvera parmi mes papiers, et qui n'a d'autre mérite que beaucoup de gaieté. J'y composai d'autres petits ouvrages, entre autres une pièce de vers intitulée L'Allée de Sylvie du nom d'une allée du parc qui bordait le Cher, et tout cela se fit sans discontinuer mon travail sur la chimie, et celui que je faisais auprès de Mme Dupin » (Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, livre septième).

L'Engagement téméraire fut publié en 1781 avec d'autres oeuvres, comédies et pièces musicales : Narcisse ou l'amant de lui-même, les muses galantes, le Devin du Village. L'allée de Sylvie fut publié dans le Mercure en septembre 1750.

Le Bulletin de la Société archéologique de Touraine (tome XXXIII, 1961-1963, page 251) après avoir rappelé la publication en 1884 du portefeuille de Louise Dupin - « le comte Gaston de Villeneuve Guibert, en livrant la correspondance inédite de la Châtelaine de Chenonceau avec les célébrités de son temps, et en particulier avec J.-J. Rousseau, son secrétaire, a mis en relief la saisissante carrière, la vive intelligence et la grande bonté de celle que l'abbé de Saint-Pierre qualifiait d'aimable et heureuse dame », signale : « notre compagnie a aujourd'hui la primeur d'une partie de ces documents, la « boîte à soufflet » de Chenonceau […]. En voici le contenu : l'Album de Jean-Jacques, pièce capitale, petit in-octavo de 31 pages recouvert d'un cartonnage glacé verdâtre et portant à la partie supérieure interne du plat : « Cet album a appartenu à Jean-Jacques et le premier dessin est de lui ». Cet album, offert par le Comte François de Rilly à la Ville de Genève, ne se trouve que partiellement utilisé ».

La Bibliothèque nationale de France a acheté lors de la vente à l'hôtel Drouot le 20 juin 1957 de « précieux autographes de Jean-Jacques Rousseau provenant des archives de Mme Dupin, au château de Chenonceau ».


Georges-François Pottier, Archives départementales d'Indre-et-Loire.
   Rechercher
   




Mentions légales