Archives départementales d'Indre et Loire

Archives 37 Conseil général d'Indre et Loire

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  • Discours de Jean JULIEN, Préfet d'Indre-et-Loire

 

Michel Debre

Le préfet Jean Julien, à droite,  avant son discours, écoute Michel Debré, ministre de la Justice

 

Voici le département d'Indre et-Loire doté pour la Conservation de ses Archives d'un magnifique bâtiment.


D'autres vont vous le décrire, l'analyser dans toutes ses parties, en dégager la conception et les techniques ; ils vous diront aussi comment il fut fait face aux lourdes charges financières du nouvel édifice.


Je veux seulement pour ma part souligner qu'il est le fruit splendide de la collaboration amicale et sans doute unique, du maître d'oeuvre, M. Chalumeau, Architecte départemental et de M. Béguin, Directeur des Archives, qui est aujourd'hui l'heureux possesseur des nouvelles installations.
Le constructeur et l'utilisateur ont ainsi harmonisé leurs conceptions et leurs désirs, pour aboutir au résultat qui, j'en suis sûr, satisfera pleinement tous ceux qui, pour leur travail ou pour leur plaisir, auront recours aux Archives.


Salles de classement, ascenseur monte-charge, rayons et tables, laboratoires et bureaux, tout jusque dans les moindres détails répond à un besoin ou à une commodité.
La grande salle de travail, d'une très belle facture moderne, donnera un confort et une atmosphère de « club » aux étudiants et aux chercheurs qui s'y attarderont.


Il m'est doux, à moi qui n'ait eu à connaître cette réalisation administrative, qu'à l'heure où elle était presque achevée, d'adresser de chaleureuses félicitations à tous ceux qui y ont contribué : après la nouvelle Bibliothèque municipale qui est la perle du Tours moderne, après l'aménagement si heureux de l'Hôtel de Camors en Centre d'Études de la Renaissance, notre ville peut s'enorgueillir d'un nouvel ensemble culturel, digne de son grand passé et de ses légitimes ambitions.

 

  • Discours de Marc DESACHÉ,  Président du conseil Général d'Indre-et-Loire

 

 

Vue de la salle de lecture

Vue intérieure de la salle de lecture

 

Tous les départements de France ont des Archives. Celles de l'Indre-et-Loire, ancienne province de la Touraine, où des événements historiques d'une importance capitale pour la vie du Pays se sont déroulés, renferment une documentation extrêmement précieuse.


Ces Archives se trouvaient concentrées dans un bâtiment attenant à la Préfecture. Suffisant il y a une centaine d'années, il ne pouvait plus abriter une multitude de dossiers s'accroissant chaque jour.
A la demande de M. le Directeur Général des Archives de France, le Conseil Général s'est penché sur ce problème et a décidé de donner à tous ces trésors du passé, un écrin digne de leur richesse.


L'endroit choisi est à quelques dizaines de mètres de l'emplacement des arènes de l'ancienne Caesarodunum, non loin également de la vieille porte gallo-romaine de Tours et à proximité des remparts qui furent attaqués par les Normands: ceux-ci y firent d'ailleurs une brèche; mais, si l'on en croit la tradition, après la procession de saint Martin, ils renoncèrent à leur tentative d'invasion.


Ceux qui sont chargés de veiller sur les Archives départementales pourront désormais oeuvrer dans des conditions matérielles parfaites. Nul doute qu'ils le feront avec d'autant plus de coeur qu'ils trouveront , tout autour d'eux des vestiges de ce qui fut la vieille France...

 

  • Discours de  Maurice BÉGUIN, conservateur en chef, directeur des services d'Archives d'Indre-et-Loire

 

Le climat de l'époque révolutionnaire paraît bien avoir été, à la fois, propice et périlleux pour les Archives. Propice, parce que, de ce moment, date l'institution des Archives nationales et départementales. En Indre-et-Loire, dès 1790, le département avait pris en garde les papiers de la ci-devant Généralité; tandis que les districts recueillaient fonds et chartriers divers. Le tout, en Brumaire an V, fut amalgamé à Tours au second étage de l'ancienne Intendance sous la direction de Nadaud, puis de Collineau, un ex-feudiste.


...Hélas, il y eut aussi Rougeot, peintre estimé autant qu'archiviste désinvolte. Submergé par toutes ces liasses « féodales », au demeurant un peu suspectes, qui déferlaient de Bourgueil, de Saint-Martin, de Marmoutier, ne s'avisa-t-il point, lui seul en France, ou à peu près, de distribuer aux quatre coins du pays les titres de nos prieurés « lointains », sans préjudice des fournitures copieuses qu'il s'empressa de faire à tous les brûlements qu'on voulut.


Si encore il n'y avait eu que lui. Mais, dans le même temps, les vendéens pillaient les archives chinonaises, les patriotes en envoyaient d'autres à Brest pour faire des gargousses ; d'autres, par tonnes, étaient pilonnées à Truyes, pour fabriquer du papier neuf.


 Vint la Constitution de l'an VIII, qui réglementait les départements. Cette fois, plus de risque de destructions organisées. L' Indre-et-Loire avait désormais dûment, établies, ses Archives, qu'on transféra en 1818, dans l'aile occidentale de la Visitation, aménagée en nouvelle Préfecture.


Pourtant, toute cette première partie du siècle ne va être encore qu'une période de tâtonnements; et on y verra du meilleur et du pire. Le département ne donnait qu'une attention bien sporadique à ses archives, et on s'étonne qu'un grand administrateur comme M. de Pommereul, par exemple, n'y ait pas apporté plus d'intérêt. Le fauteuil archivistique vaquait souvent, plusieurs années de suite; (il advint même une ou deux fois, qu'eût mieux valu la continuation de cette vacance). On ne détruisait plus les archives, comme naguère. Elles se rongeaient..: Dans le Lochois, on reliait des registres administratifs avec de vieilles chartes antérieures à l'an mil. Cependant qu'un garçon de bureau des archives vendait des documents au poids, et qu'en 1826 on retrouvait à Paris, chez un épicier de la rue Saint-Jacques, plus de 2.000 parchemins de Marmoutier, de la cathédrale et de Saint-Julien.


A côté de cela, cependant, s'élaborait sans bruit tout un travail utile: le bon archiviste Fouqué, dont la fonction fut à plusieurs reprises suspendue sous le Premier Empire, n'en besognait pas moins officieusement, pendant ses interrègnes « pour les Domaines JJ. Après lui, Normandin, Règnier, Potet, Pernin continuèrent son oeuvre efficace; et c'est dès ce temps-là que fut commencée la reconnaissance et la mise en ordre de nos fonds anciens.

 

Vue intérieure des magasins

En 1958, des archives bien conservées. Travées de rayonnages éclairées au moyen de reflecteurs

 

Cet effort s'accentua au cours de la période qui allait suivre, et qui s'est prolongée jusqu'en notre siècle ; période qui fut marquée, non plus d'hésitation ou de fantaisie, mais bien plutôt d'enrichissements et de méthode. On y apprit à respecter les documents, tant dans les dépôts publics que chez les particuliers où, trop volontiers le parchemin se commettait en des utilités ménagères.


La reprise en mains fut vigoureuse, et elle vint du Gouvernement lui-même: l'attribution à des chartistes des postes départementaux, l'établissement d'un plan général d'inventaire et d'un cadre uniforme de classement permirent, à partir des années 1840, une progression soutenue, difficilement concevable auparavant.


De tout cela, aux Archives d'lndre-et-Loire, on sut tirer ample profit: Aubineau et Delloye, puis les deux de Grandmaison purent ainsi, en saine quiétude, accroître et exploiter fort heureusement nos collections. Et je n'aurai garde d'oublier les deux confrères que nous avons la joie de compter aujourd'hui parmi nous: notre doyen Delmas, et Massiet du Biest, le vigilant gardien de nos richesses au cours de la dernière guerre.


Mais je dois rendre ici un tout spécial hommage à nos éminents prédécesseurs, Charles et Louis de Grandmaison : pendant les 53 années de leur règne, le fils comme le père ont été les pourvoyeurs zélés, les solides artisans de notre érudition régionale, et les Archives de Touraine leur doivent une large part de leur prestige.


Ces années-ci, les temps sont venus d'une nouvelle relance. Sous une impulsion humaine et réalisatrice, le personnel s'est senti encouragé, « valorisé ». Un peu partout en France, se sont levées haut de claires Archives.


Et c'est ainsi qu'à Tours, où nous en avions bien besoin, la sollicitude des Autorités préfectorales, l'efficiente générosité du Conseil Général, la bénéfique compréhension d'Architectes de qualité, et les techniques qualifiées de l'Entreprise, nous ont bâti la belle maison que voilà.


Grâces leur soient rendues. A nous maintenant, équipés comme nous le sommes, d'accomplir, de notre mieux, du bon ouvrage. Nos Archives ont la ferme volonté d'être un Service.

 

Maurice Beguin

Lors de l'inauguration, Maurice Béguin décoré par Marc Desaché et félicité par Michel Debré

 

 

  • Discours de Paul CHALUMEAU, architecte en chef du département

 

Vue du batiment neuf en 1958

En 1957, la construction du bâtiment des Archives

 

Il s'agissait de construire un immeuble permettant de conserver et classer dans les meilleures conditions les Archives du Département d'lndre-et-Loire.


Il fallait incorporer à un haut lieu de l'histoire tourangelle, dans un quartier de la vieille ville traditionnellement paisible et conservateur, l'important programme de cet édifice au tracé fonctionnel répondant à toutes les exigences modernes d'un tel service.


C'est en tenant compte de ces impératifs en apparence contradictoires qu'a été conçu et dessiné le nouveau Dépôt d'Archives, aussi bien dans le choix de son emplacement qui ménage un vaste espace vert s'étendant jusqu'au mur dit « des Normands », que dans le tracé du plan, inspiré du parcours rationnel que doivent emprunter les documents, depuis leur arrivée jusqu'à leur classement et leur consultation.


Les matériaux de construction ont été choisis en vue d'écarter tous risques d'incendie, de maintenir en toutes saisons une température sensiblement constante, d'assurer un éclairement diffus sans pénétration de rayons solaires néfastes aux documents, de réduire au minimum les frais d'entretien du clos et couvert de l'édifice.


Les murs ont, dans ce but, été réalisés en briques creuses et armature béton armé avec revêtement extérieur en pierre dure, ménageant un matelas d'air isolant de quelques centimètres; les fenêtres à guillotine en aluminium et verre sont précédées de pare-soleil en aluminium (, laissant pénétrer la lumière par double réflection et arrêtant les rayons , solaires; les canalisations électriques, sous tube acier, sont noyées dans les planchers béton; la température est maintenue au moyen d'une installation de chauffage central utilisant le mazout comme combustible pour éviter les poussières dues à la manipulation du charbon. Les sols des différents étages du dépôt sont en ciment revêtus d'un enduit plastique; ceux des bureaux, couloirs et salles de lecture, en tapis plastique insonores.


Le classement des documents dans les rayonnages métalliques est facilité par la faible hauteur des plafonds qui n'atteint que 2,06 m.


L'immeuble est protégé de la foudre par une installation de paratonnerre qui le ceinture entièrement.
Malgré le volume relativement important de cet ensemble, destiné à recevoir 15 kilomètres de rayonnages, nous avons cherché à rester à l'échelle du quartier de la rue des Ursulines, de ses maisons, de ses jardins et de ses couvents.

 

Travées de rayonnages

En 1958, le nouvel équipement

 

Face à l'accroissement des archives, le bâtiment des Archives départementales devient trop exigu . En raison du caractère historique de l'emplacement du bâtiment, l'agrandissement nécessaire ne peut se faire sur place à Tours ; un nouveau bätiment est construit en 1990 à Chambray-lès Tours, inauguré le 19 septembre 1991.

 

>> Cliquer ici pour en savoir plus sur l'histoire des deux bâtiments des Archives départementales.

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