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Isoloir. Publicite. 1913
Isoloir. Publicite. 1913
23 AVRIL 2017
  • Des élections historiques
C'est le 23 avril 1848 qu'eurent lieu les premières élections au suffrage universel direct
Les réclamations des élus de la Gauche dès 1830, l'essor du mouvement ouvrier et des idées socialistes entre 1830 et 1848, enfin la "Campagne des banquets", lancée en 1846 par les élus radicaux bientôt rejoints par l'opposition dynastique, tout ce puissant mouvement d'opinion militait en faveur d'un suffrage universel que le régime de juillet s'obstinait à refuser. Ce fut la cause majeure de la révolution de février 1848.
Après la proclamation du suffrage universel (seulement masculin) par le Gouvernement Provisoire issu de la révolution de février 1848, ce dernier décida par un décret publié le 5 mars, l'élection d'une assemblée constituante au suffrage direct. Aux termes de ce décret, l'âge de l'électeur était rétabli à 21 ans.

L'établissement des listes électorales posait surtout des problèmes pratiques. A Mettray, on demanda aux citoyens de venir s'inscrire eux-mêmes à la Mairie, en faisant savoir le 16 mars 1848 que les électeurs avaient jusqu'au 18 mars à 6 heures du soir pour se faire inscrire, soit à la Mairie, soit chez un des membres du conseil municipal, la liste devant être close pour le 25 mars. A Veigné, c'est le garde champêtre qui établit la liste en se basant sur le recensement de 1846.

Les résultats des premières élections au suffrage universel direct (en un seul tour, le 23 avril 1848) furent une bénédiction pour les Conservateurs (la Droite royaliste) et une amère déception pour ceux qui avaient proclamé le suffrage universel (les républicains, c'est-à-dire la Gauche). Comme on sait, si la majorité des électeurs avaient voté pour le Parti de l'Ordre, c'était beaucoup sous l'effet des rumeurs alarmistes répandues par les notables conservateurs qui agitaient le spectre d'un nouveau 1793, augmenté d'un partage des terres. La peur des "partageux" avait pesé lourd dans le vote des paysans qui constituaient alors la majorité de la population et donc de l'électorat.

Après la Révolution de 1848, le suffrage universel fut restreint par les différents gouvernements.


Une autre changement important eut lieu en 1913 avec la création de l'isoloir.

le vote relevait de plus en plus de la volonté individuelle. Cependant, à défaut d'avoir préparé son bulletin chez lui, l'électeur continuait à devoir le préparer dans le bureau de vote, soumis aux regards indiscrets de l'entourage, ce qui pouvait être gênant.
Une loi nouvelle s'imposait.
Celle du 29 juillet 1913 fut destinée à "assurer le secret et la liberté de vote ainsi que la sincérité des opérations électorales
".

Chaque bureau de vote doit désormais comporter au moins 2 isoloirs et un par fraction de 300 électeurs. D'après l'article 4 de cette circulaire, ils doivent prendre le moins de place possible, on peut même les installer dans les angles de la salle avec un simple rideau. Leurs dimensions sont définies de façon rigoureuse par le même article : une profondeur d'au moins 35 à 40 cm, deux rideaux de toile de 1,80 m par 0,80 m se croisant devant l'isoloir, celui-ci devant être équipé d'une petite table ou d'une planchette afin que l'électeur puisse écrire. Le passage par l'isoloir est une obligation, sinon le vote peut être refusé. A partir du 2 novembre 1913, 15 francs seront alloués par l'état aux communes pour chaque isoloir installé. Dès lors, plusieurs entreprises vont proposer différents modèles d'isoloirs, sous forme de cabines, de paravents, etc,

Mais la création des isoloirs n'est qu'un aspect de cette loi, car celle-ci met en place beaucoup d'autres dispositions nouvelles afin de garantir le secret du vote :

les enveloppes deviennent obligatoires.

-les urnes sont dotées d'une seule ouverture, fermée avec deux serrures dissemblables dont les clés restent, l'une entre les mains du président du bureau de vote, l'autre entre les mains de l'assesseur le plus âgé.

-les porte plumes équipés de plumes en acier : ils remplacent les crayons proposés jusque là et ce pour des raisons d'hygiène car les crayons étaient fréquemment portés à la bouche et pouvaient donc transmettre des maladies. Le porte-plume sera attaché à la tablette installée dans l'isoloir.

-l'encre et la poudre : l'électeur devra trouver de l'encre dans un encrier fixé dans la tablette de l'isoloir et de la poudre afin de sécher l'encre déposée sur le bulletin.

Quant à la réaction des électeurs face aux nouvelles dispositions, elle ne semble pas avoir été hostile. Toutefois, le maire de Balesmes écrit le 2 février 1914 au préfet, pour lui signaler que lors des élections municipales de la veille, plusieurs électeurs ont refusé de passer par l'isoloir. Ils préfèrent, écrit-il "mettre leur bulletin ostensiblement et au grand jour dans l'enveloppe". Voulant sans doute dramatiser cet incident, le maire de Balesmes, craint qu'un jour des électeurs extrémistes n'en viennent à occuper les isoloirs, surtout "deux heures avant la fermeture du scrutin …où généralement il y a affluence de votants" et il ajoute que "la loi aurait dû prévoir un délai de séjour" … dans l'isoloir


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