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Carte de combattant de Jules Roy [255J17]
Carte de combattant de Jules Roy [255J17]
AD37©
Diaporama de 2 photos
11 NOVEMBRE 2017
  • De nouveaux témoignages sur la 1ère guerre mondiale
La collecte de documents continue de s'enrichir.
C'est en 1993 que Marcelle Sieklucki donne aux Archives départementales l'importante correspondance de 106 lettres écrite entre le 3 août 1914 et le 3 septembre 1917 par son époux Maurice Sieklucki, jeune étudiant en droit.

En 2007,Roseline Guitton, fait don d'un herbier intitulé "Fleurs de guerre" envoyé à sa fiancée, par Stanislas Boireau. Ce précieux document est complété par 7 carnets de campagne et une vingtaine de correspondances.

En 2013, une campagne nationale « La Grande Collecte EUROPEANA 1914-1918 » est lancée par la mission du Centenaire 14-18 et les Archives de France. Elle vise à susciter chez les particuliers, les familles des anciens combattants une prise de conscience de l'importance de leur patrimoine écrit.
Ils organisèrent la manifestation afin de permettre aux détenteurs de correspondance, de photographies notamment de poilus de les faire numériser par des services d'archives publiques. Les documents numérisés ont été ensuite mis en partage, sur le site europeana1914-1918.eu.

Certains documents ont été donnés aux Archives d'Indre-et-Loire et composent un fonds d'archives privées intitulé « Archives de la grande Collecte,Première Guerre mondiale 1914-1918». Il rassemble des éléments de correspondance, des photographies, des documents administratifs, tous liés, au conflit.

Ce fonds coté 255 J vient de s'enrichir par un nouveau don fait en octobre 2017 par Mme Chantal Cordier, concernant son grand-père Jules Roy.

Jules Roy est né à Mouzay (Indre-et-Loire) le 10 novembre 1893.
Il est mobilisé comme canonnier à la 9ème Batterie du 20ème Régiment d'artillerie. Il est blessé le 22 septembre 1914, puis le 12 octobre 1915 et le 22 mars 1918. Il est cité pour sa bravoure à l'ordre du régiment le 30 Juin 1918. Il reçoit la médaille militaire en février 1930.
Parmi les documents donnés figurent les 2 carnets de route écrits d'août 1914 à juin 1916.

Voici le début de la guerre raconté par Jules Roy:

Carnet de route. Campagne 1914-1915
1er août à Poitiers
Je suis de garde à l'Aviation, à 4 heures on entend sonner la Générale dans les rues de Poitiers, c'est l'ordre de Mobilisation générale, à 5 heures, je suis relevé de garde, on revient au Quartier, en passant dans les rues, les femmes pleurent, nous arrivons au Quartier, le colonel Besse nous fait un discours touchant, il est certain que nous aurons la victoire.

2 août 1914
Réveil à 4 heures. Aussitôt tous les hommes préparent leur paquetages de campagne, nous allons à la réquisition des chevaux, toute la journée, on travaille dur, nous sortons tous les effets et équipements des magasins du Corps pour les transporter à la demi-lune quartier ou à la 9ème Batterie, à son bureau de mobilisation. Le soir arrive, nous sommes bien fatigués du travail de la journée.

3 août
Réveil à 4 heures. Nous partons définitivement du quartier pour aller cantonner à la demi-Lune. Nous laissons le quartier libre pour les réservistes qui arrive de tous côtés.


Les 4-5-6 août, Jules Roy prépare les pièces d'artillerie.

7 août
Réveil à 4 heures. Nous nous préparons à partir, nous fleurissons les pièces, nous quittons le cantonnement pour aller embarquer à Grand Ponts, les habitants nous regardent partir, les jeunes filles nous jettent des bouquets de fleur et nous souhaitent bonne chance. Nous arrivons sur le quai d'embarquement, nous embarquons, le train part à 8 heures, direction de Tours. A 10 heures, nous arrivons à Châtellerault, nous prenons le café et le train se remet en marche, nous passons Saint-Pierre-des-Corps, je fais mes adieux à la Touraine, mon pays natal.

8 août
3 heures du matin. Nous arrivons aux Aubrais, nous restons environ 2 heures, nous prenons le café et nous cassons la croûte, nous repartons vers 5 heures dans une direction inconnue, nous quittons la ligne de Paris, nous passons à Sens, nous arrêtons 6 heures, car il s'est produit un déraillement sur notre ligne. Le soir à 8 heures, nous passons en gare de Troyes, nous chantons des chansons patriotiques. Il y a foule à la gare, on entend des applaudissements et des cris de Vive la France.

Le 9 août
Nous approchons de la frontière, le train va doucement, enfin vers 11h, nous passons à Toul et à 2 heures, nous arrivons à Manon, station où nous débarquons. En 1 heure, nous avons fini le débarquement, tout le monde est prêt, nous partons sur la route. Nous arrivons à Neuve-Maison, à 10km de Nancy, nous cantonnons auprès d'une usine métallurgique, on est fatigué du voyage.


Du 10 au 23 août, la 9ème Batterie se positionne à différents endroits, prêt à intervenir mais sans combattre au point que Jules Roy,le 24 août, à 7 heures du matin se demande « si on va faire la guerre sans tirer un coup de canon ».
Il est démenti quelques heures plus tard, et écrit « Nous recevons le baptême du feu, c'est moi qui débouche la 1ère cartouche, nous quittons la position à 7h, il fait brun, on n'y voit plus assez clair pour tirer….nous cantonnons dans un champ d'avoine, il est 10h, je me mets en devoir de faire la cuisine, il est 2 heures du matin, quand je vais me coucher…
On commence à s'apercevoir des misères de la guerre
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