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Eposition 1968 Une jeunesse en révolte
Eposition 1968 Une jeunesse en révolte
AD37©
Infos pratiques 
  • Exposition

    Centre des Archives contemporaines
    41 rue Michaël Faraday
    37170 Chambray-les-Tours

    Entrée libre
    Du lundi au vendredi 9h-17h

    Renseignements 02 47 80 89 00



DU 17 SEPTEMBRE AU 20 OCTOBRE 2018
  • EXPOSITION 1968 : UNE JEUNESSE EN REVOLTE
Des deux côtés du Rhin : Touraine – Bodensee (Lac de Constance)
Une histoire partagée entre la France et l'Allemagne
L' exposition, qui a été visible en mai, à l'université de Tours, a été réalisée à l'occasion des 50 ans des évènements de mai 68. Elle est l'oeuvre collective des Archives départementales d'Indre-et-Loire, de l'Université de Tours et du Service culturel du Bodenseekreis (Lac de Constance).

Elle offre un regard croisé sur les évènements qui se sont déroulés en 1967 et 1968, en Touraine et en Allemagne, dans la région nord du lac de Constance.

C'est la deuxième collaboration des Archives départementales d'Indre-Loire avec le service culturel du Bodenseekreis (région nord du lac de Constance) sur un thème commun. La précédente opération s'était effectuée en 2014 avec l'exposition bilingue « 1914-1918, Des deux côtés, Armand, Wilhelm et les autres… Une guerre partagée, de la Touraine au nord du lac de Constance ». Cette confrontation entre deux pays s'était révélée enrichissante. Cette fois-ci, elle sera sur le plan historique moins conflictuelle puisqu'il s'agira de comparer les révoltes de la génération de mai 68.


En Touraine, si le milieu étudiant se soulève d'abord, début mai, contre la violence de la répression policière envers ses camarades à Paris, suivi par les lycéens qui boycottent les cours et occupent leurs « bahuts », c'est finalement le monde du travail qui domine le paysage de la contestation sous forme de grèves et occupations d'usines.

L'image des évènements de « 68 » est bien différente sur les rives Nord du Lac de Constance, en commençant par la chronologie – la contestation prend forme dès juin 1967. Elle reste ensuite limitée aux étudiants de la nouvelle université de Constance, et aux élèves des lycées des diverses villes de la région. Leur mouvement ne réussit pas à gagner le monde du travail qui le regarde de façon sceptique, voire hostile.

Si les revendications formulées en Touraine demandent le départ du général De Gaulle, et l'amélioration des conditions de vie et de travail dans les universités et les lycées, elles revêtent surtout un caractère social, conséquence de l'engagement de la classe ouvrière.

Les protestations du côté allemand reflètent celles exprimées dans les grandes villes universitaires : rejet de la guerre menée par les Etats-Unis au Vietnam, de la trop grande influence du groupe de presse Axel Springer sur l'opinion publique en R.F.A., des lois d'urgence qui semblent menacer la démocratie, des structures autoritaires, et d'un passé nazi encore récent dont les générations précédentes cherchent à refouler l'ampleur des crimes.

Les mouvements contestataires de ces deux régions ont cependant en commun un point capital – celui d'un malaise ressenti face à une société qui ne correspond plus aux attentes, notamment de la jeunesse, et d'un espoir partagé d'un monde meilleur.


Patrick Berthomeau, étudiant à Tours en Mai 68 se souvient du mai tourangeau.

"A presque un demi-siècle de distance, le « joli mai de l'année 1968 » m'apparaît toujours comme un moment de grand soleil, dans la rue, dans nos têtes et même dans les amphis enfumés. Un mélange de gravité parfois surjouée et de joyeuse déconnante, un théâtre spontané où tout et n'importe quoi pouvaient se dire, où la croyance dans les lendemains qui chantent était toujours pondérée, voir contrée par une bonne dose d'humour et d'autodérision. Passait par-dessus tout cela un souffle qu'un slogan surgi alors résumait fort bien : « Cours camarade, le vieux monde est derrière toi ! » Le vieux monde, la grisaille des lycées, le poids de la famille et des repas du dimanche, tout cela s'entassait dans les poubelles de l'Histoire et nous nous sentions légers, portés par nos « semelles de vent » … Nous avions simplement oublié que notre bulle n'était pas le monde… Pourtant une question revient de temps à autre : et si ce tableau n'était que l'image qui traîne dans nos cervelles ? Le moment était-il aussi joyeux et décontracté que cela ?

D'une façon générale, la vie des Tourangeaux ne fut pas vraiment affectée par les « événements ». Pas de violences urbaines, quelques défilés dont le plus imposant fut celui du 13 mai ; il fit croire aux plus convaincus d'entre nous que les étudiants avaient rallié la classe ouvrière… Seules les razzias d'huile et de sucre dans les épiceries et les supermarchés, le rationnement de carburant pendant quelques jours et la grève des éboueurs purent laisser craindre à une partie de la population que la révolution était en marche.

En revanche du côté de l'Université (qui n'en était pas encore une), ça carburait fort. Principalement du côté de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, l'Ecole de Droit demeurant traditionnellement droitière tandis que du côté de la faculté de Médecine et Pharmacie, on commençait à s'interroger sur le mandarinat, certaines questions de santé publique et les pratiques psychiatriques. Mais dans l'ensemble, cela restait assez marginal."



Comment fut vécut "Mai 68" en Touraine et aux bords du lac de Constance ?

A chacun de le découvrir grâce à cette exposition.


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