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Le Titanic. Maquette papier
Le Titanic. Maquette papier
Collection privée©
Diaporama de 6 photos
MAI 2012
  • La Touraine liée à l'histoire du Titanic
Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, au large de Terre-Neuve, le paquebot Titanic percutait un iceberg alors qu'il effectuait son voyage inaugural entre l'Angleterre et les Etats-Unis.
Deux cuisiniers tourangeaux dans le naufrage du Titanic

Parmi les 53 passagers français, deux Tourangeaux étaient employés au restaurant A la Carte géré par la société Ritz : il s'agissait de Pierre Villevarlange, 19 ans, habitant Amboise et chargé des potages et d'Adrien Firmin Chaboisson, 26 ans, originaire de Preuilly-sur-Claise, chargé des viandes rôties.

Le restaurant A la Carte géré par Luigi Gatti, un cuisinier renommé possédant plusieurs établissements luxueux à Londres, proposait une alternative aux passagers de première classe ne souhaitant pas se restaurer dans la salle à manger. Autour de Gatti oeuvraient une soixantaine de cuisiniers spécialisés (potages, sauces, pâtisserie) et de nombreux serveurs ou garçons de vaisselle.

Le Journal d'Indre-et-Loire, principal quotidien local de l'époque, relate les nouvelles internationales de cette tragédie dès le 15 avril 1912, mais ce n'est que 4 jours plus tard qu'on apprend la disparition du premier Tourangeau : Pierre Villevarlange.

Portrait de Pierre Villevarlange



« Parmi les cuisiniers français se trouvait Villevarlange, 18 ans, le père est employé à l'usine Gounin frères [en tant que coupeur de bois] et la mère est lingère [ils résidaient rue Nationale à Amboise]. A la trouvaille du naufrage, M. Villevarlange télégraphia à Southampton [Grande-Bretagne] à la direction de la White Star Line [compagnie maritime britannique].On lui répondit qu'en effet, son fils avait été embarqué à bord du Titanic mais qu'on ignorait quant à présent son sort. A noter que le jeune Villevarlange avait déjà fait naufrage, il y a deux mois alors qu'il était déjà cuisinier sur un paquebot de la même compagnie. Espérons qu'il a pu cette fois encore échapper à la mort ».

Le corps n'a jamais été identifié, tout comme celui d'Adrien Firmin Chaboisson.

Douze jours plus tard, le 27 avril 1912, la mort d'Adrien Chaboisson est annoncée dans le Journal d'Indre-et-Loire.

Portrait d'Adrien Chaboisson



Adrien Chaboisson est né le 25 septembre 1886 à Preuilly-sur-Claise. Il a fait son service militaire dans le 114e régiment d'infanterie, circonscription du Blanc, sous le numéro de matricule 471, classe 1906. Comme on le constate dans le registre matricule, il était déjà domicilié à ses 20 ans à Londres, où il travaillait comme cuisinier.


Dans un courrier du 21 mai 1912, le ministre des Affaires étrangères indique au préfet d'Indre-et-Loire les démarches que les familles des défunts devront effectuer aux fins d'obtenir un secours (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 1 M 697) :

« Je vous prie de vouloir bien leur faire savoir que pour obtenir un secours sur les fonds provenant des souscriptions publiques, ils devront me faire parvenir le plus tôt possible, une attestation du maire de leur commune comme établissant que leur situation justifie l'obtention d'un secours. D'autre part, pour obtenir une indemnité de la ' White Star Line ', ils devront me faire parvenir les pièces et renseignements énumérés dans la notice que vous trouverez ci-joint. »

Le 2 juillet 1912, le préfet d'Indre-et-Loire répond au ministère en indiquant qu'il adresse en pièce jointe le dossier fourni par les parents de Pierre Villevarlange (1 M 697).

La réponse à cette demande ne figure pas dans les archives et on ne sait pas s'il a été alloué aux parents du jeune naufragé une aide publique ou un dédommagement de la part de la compagnie maritime.


Les analogies entre l'histoire du Titanic et notre département ne s'arrêtent pas au parcours de ces deux cuisiniers : les équipements sportifs du luxueux paquebot ont été commandés à la société allemande Rossel, également fournisseur des appareils de sport du château de Candé à Monts, aujourd'hui propriété du Conseil général d'Indre-et-Loire.

Une même entreprise pour équiper la salle du sport du Titanic et celle du château de Candé

En 1911, la société Rossel équipe le gymnase du Titanic de nombreux appareils sportifs : rameur, chameau électrique, punching ball, machines à poids, appareils à friction dorsale et ventrale…
Cette société allemande avait aménagé plusieurs gymnases de grands paquebots transatlantiques de l'époque : le Paris (1921), le De Grasse (1924), le Normandie (1935). Il est possible que Charles Bedaux et son épouse Fern, propriétaires du château de Candé dans les années 1930, aient utilisé ces appareils lors de l'un de leurs voyage d'affaires et aient sollicité l'entreprise Rossel pour la salle de sport de Candé.

Charles Bedaux (1886-1944), propriétaire du château de Candé en 1927, a connu une ascension sociale foudroyante. Après avoir quitté Paris, à l'âge de 20 ans, il s'installe aux Etats-Unis. De son expérience d'ouvrier en usine, il invente une méthode qui améliore la productivité au travail, adoptée par les plus grandes entreprises américaines et qui lui apporte la réussite financière. Avec son épouse Fern, il aménage le château de Candé avec les équipements les plus performants. Au fil de cette vie mondaine, les sports, qu'ils soient d'extérieur comme l'équitation, le tennis, le golf et la natation, ou d'intérieur comme la gymnastique, occupent une place centrale car ils permettent d'affirmer la noblesse du corps.

En 1930, Charles et Fern Bedaux aménagent une salle de 45 m2 dotée des équipements les plus modernes.

Trois appareils sportifs - deux bicyclettes d'entraînement, un appareil d'entraînement à l'équitation et un appareil de massage - , encore conservés au château de Candé, ont été restaurés en 2009 à l'occasion de l'exposition « Le sport à Candé dans les années trente ».

Le cheval
L'appareil d'équitation, nommé Bayard dans le catalogue Rossel de 1930, était mû par un puissant moteur électrique. Il pouvait être livré avec une selle d'homme ou de femme. Le passage au galop se commandait depuis la selle. Fern Bedaux, qui fut une excellente cavalière, utilisait régulièrement l'appareil.

Les bicyclettes d'entraînement
Elles étaient munies d'un frein d'effort à ruban, réglable par une mollette. La distance parcourue par chaque vélo était indiquée par une aiguille sur un grand cadran. Ces vélos pouvaient être utilisés pour une course.

Le combiné de massage
Un moteur électrique entraîne un arbre horizontal faisant tourner des rouleaux et des roues garnies de caoutchouc. Ce mécanisme peut être élevé ou abaissé grâce à une vis sans fin. Les rouleaux massent les bras et les jambes.

Ces appareils, visibles lors de la visite du château, représentent un rare témoignage conservé de gymnases privé, conçu par un homme d'affaires épris de modernité. L'histoire du sport rejoint ainsi l'histoire sociale, mais surtout celle du culte de la forme physique, qui lui reste toujours d'actualité.

Pour connaître les conditions de visite du château de Candé, cliquer à droite, dans la rubrique A VISITER sur l'onglet rouge intitulé Monuments de Touraine.

Recherches d'archives effectuées par Stéphanie Guillaume-Chapelet.
La partie concernant la salle de sport du château de Candé a été rédigée d'après le catalogue de l'exposition Le sport à Candé dans les années trente, édité en 2009 par le service des musées et monuments départementaux du Conseil général d'Indre-et-Loire.
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