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Jean Chauvin en 2015
Jean Chauvin en 2015
AD37©
Diaporama de 4 photos
  • Hommage à Jean CHAUVIN
médecin et mémorialiste de la Seconde guerre mondiale décédé le 27 novembre 2018
cher Docteur

Je crois que votre rencontre, cher Jean Chauvin, a été particulièrement importante parce que c'était la première fois, en dehors du cercle familial ou sentimental, que je rencontrais quelqu'un de véritablement bienveillant.

La bienveillance n'est pas une évidence. Ce n'est pas un hasard si votre spécialité demande cette chaleur et cette écoute rassurante, c'est votre nature, heureuse. Et puis, quand je vous ai rencontré, j'ai compris que dans votre bienveillance il y avait de la complicité. Vous êtes bienveillant de nature et vous vivez dans la même planète que moi, et d'autres, celle de la mémoire.

la mémoire du monde nous concerne et peut-être nous obsède. Qu'elle ne se perde pas, elle est si fragile. Mise sur pellicule, elle se raye, se salit, s'abîme parfois irrémédiablement avec ces images qu'elle contient, mémoire des hommes, des guerres, des rires.

Nous avions compris en même temps, comme d'autres, que la collection, c'est la préservation. Ce n'est pas une manie, un passe-temps, c'est une course éperdue contre l'oubli. Collectionner les films d'amateurs, c'est une idée neuve; les cinémathèques s'occupent des « Actualités » et des films, mais pour préserver le 8mm ou le 9,5 il faut de la passion.
Et pourtant ces petits tournages de famille sont des trésors.


Ainsi s' exprimait en 2015, Daniel Costelle, réalisateur de films historiques en parlant du docteur Chauvin, et du travail commun qu'ils avaient réalisé pour présenter en 1991 le film : C'était hier, la Touraine dans la guerre.


Jean Chauvin, un regard tourangeau sur l'histoire

Jean Chauvin est né le 2 décembre 1924 à Tours, fils unique d'un couple d'employés au chemin de fer.
Après avoir fréquenté l'école élémentaire Mirabeau, il entre au lycée Descartes en 1934, en classe de 7ème. Il commence l'étude de la langue allemande l'année suivante. Il a notamment pour professeurs en Lettres classiques Léopold Sédar Senghor et en allemand Daniel Decourdemanche plus connu depuis sous son nom de résistant, Jacques Decour.

La Drôle de guerre l'interpelle. C'est la guerre, sans l'être. Des préparatifs se mettent en place progressivement autour de lui dans la ville, creusement de tranchées et installation d'abris anti-aérien. Il connait ensuite les alertes aériennes, les bombardements de la ville, puis les combats. L'occupation, la présence partout de l'ennemi va profondément bouleverser le jeune lycéen.

Malgré les interdictions de photographier, faites par les autorités allemandes, le jeune homme essaye de collecter tout ce qui se rapporte à la guerre. Il va retranscrire tout ce qu'il voit dans ses carnets, essayant de reproduire par des croquis, le plus fidèlement possible toutes les scènes de guerre qui lui semble intéressantes.

La volonté de continuer à correspondre avec ses grands-parents à Varennes-sur-Fouzon dans l'Indre va l'amener à traverser illégalement la ligne de démarcation durant l'année 1941.Sa curiosité sur tous les évènements de la guerre à Tours, va faire du jeune Jean Chauvin, un agent de renseignements du réseau de résistance Libé-Nord.

Le jeune lycéen obtient son baccalauréat le 1er juillet 1943 puis s'inscrit à l'école de médecine de Tours, le 15 novembre 1943. Les bombardements alliés donnent malheureusement aux jeunes étudiants de première année, de nombreux cas d'école, par les soins d'urgence apportés aux victimes. Les époux Chauvin agents SNCF sont astreints d'assurer leur service à leur poste de travail. Le jeune étudiant doit continuer ses études à l'hôpital pour ne pas être mobilisable « de suite » pour les bataillons d'ouvriers du Service du Travail Obligatoire. Ils sont obligés de rester dans une ville qui peut être bombardée par l'aviation allié à tout instant.


Après la guerre, Jean Chauvin épouse à Langeais le 19 juillet 1948, Gisèle Boisseau, fille de Martial Boisseau maire de Langeais de 1944 à 1952.

En 1951, il s'installe comme médecin à Tours se spécialisant dans la rééducation fonctionnelle. Il crée le premier centre de rééducation à Tours, rue de Bordeaux, qui en raison de son développement est transféré rue Victor Hugo. Il continue à diriger son cabinet médical jusqu'à ses 65 ans, en 1990.

Une autre passion va naître, celle de la préhistoire avec le musée du Grand-Pressigny dès 1953. Il ne cessera ensuite, avec son épouse de participer à de nombreux colloques, conférences en France ou à l'étranger et devient le président de l'association des Amis du musée du Grand-Pressigny de 1991 à 1998.


En 1990, il fait don aux Archives départementales d'un film muet de 2 h 30 regroupant presque l'ensemble des films réalisés par des particuliers pendant la guerre. En 1991, avec le réalisateur Daniel Costelle, ils réalisent le film « c'était hier, la guerre en Touraine ».

L'année suivante, il participe à la fondation de l'ERIL (Etudes sur la Résistance en Indre-et-Loire), dont il en est le président entre 2004 et 2006. Grâce son importante collection et par ses nombreuses recherches, il continue à participer activement aux colloques, mais aussi à la rédaction d'articles dans sa revue.

Il est également très actif auprès du Centre audiovisuel Jean Mermoz, pour la réalisation de films à portée pédagogique sur l'histoire du Grand-Pressigny ou sur le département d'Indre-et-Loire pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

Pour cet engagement, pour sa disponibilité auprès des groupes scolaires, il est décoré des Palmes académiques et en 2004 de la Légion d'Honneur remise lors du 60e anniversaire de la Libération à l'Hôtel de Ville de Tours par le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres.


Les archives de Jean Chauvin aux Archives départementales d'Indre-et-Loire


Les archives données par Jean Chauvin constituent le fonds Jean Chauvin référencé sous la cote 40 J.

Celui-ci est constitué par un ensemble de documents iconographiques concernant la Seconde guerre mondiale.

Des films originaux, donnés en 1990
Après la guerre, Jean Chauvin rassemble de nombreux autres témoignages audiovisuels complétant ainsi ses documents personnels pour monter un film muet de deux heures trente minutes couvrant la totalité de la période de la guerre et ses multiples épisodes intitulé « c'était hier ».

Ce film présente ainsi la mobilisation, la défense passive, l'avance et l'occupation allemande, les bombardements, la résistance et les sabotages, la répression allemande puis l'arrivée des F.F.I. et des alliés et enfin la libération.

En 1990, afin de faire connaître aux historiens mais également au public ces précieux témoignages, tout en assurant leur conservation, le docteur Chauvin a donné ce film au Conseil général d'Indre-et-Loire qui l'a fait restaurer par la société Pathé-cinéma.

Il a également donné « guerre à Tours ! » tourné par monsieur Faure (40 minutes en bande sonore 8mm).

En 1991, à partir du film du docteur Chauvin et d'une séquence de « guerre à Tours », le documentariste Daniel Costelle a réalisé « c'était hier, la guerre en Touraine ».


Une documentation de 3000 photos, donnée en 2014, complétée en octobre 2018

Le fonds réunit un très vaste ensemble de photographies (plus de 3.000 dont près de la moitié sont des tirages photographiques originales ou retirages réalisés durant l'après-guerre) dépliants de propagande d'époque ou reproduit. La très grande majorité des documents ont été légendés par le Dr Jean Chauvin. De nombreux dessins originaux de Jean Chauvin, réalisé durant la guerre sont également présent dans ce don.

La très grande majorité des photographies sont d'auteurs inconnus. Certaines ont été réalisées par Jean Chauvin ou par son ami Alain Deschâtres, d'autres sont issus de l'atelier de photographies Neveu à Tours. Ce dernier développait un certain nombre de clichés pour les forces d'occupation allemandes.

Les documents se trouvaient initialement dans 31 classeurs, avec un classement thématique et chronologique. L'inventaire conservera ce classement, mais pour des raisons de conservation, l'ensemble des classeurs a été numéroté de 1 à 31, puis numérisé et démonté.


En 2003, une grande partie ou toute la totalité des classeurs furent numérisés par le Centre Audiovisuel Jean Mermoz. Les classeurs étant des documents de travaux de Jean Chauvin, ils ont beaucoup évolués. Certains documents ont changé de place, d'autres n'apparaissent plus.

Ce fonds comporte également deux bobines de films concernant la création du musée du Grand-Pressigny dans l'après-guerre (documents appartenant à Jean Chauvin qui ont été pris lors de la fermeture du centre audiovisuel Jean Mermoz en juillet 2013 – fonds inventorié sous la cote 239 J). Il comporte également un documentaire audiovisuel sur l'histoire du Grand-Pressigny réalisé par Jean Chauvin et édité par le Centre audiovisuel Jean Mermoz de Tours en 2009.

Il comporte également 18 bobines de films 8 mm, tournés par Jean Chauvin entre 1953 et 1991, sur des évènements familiaux et sur des actualités tourangelles durant cette période.

En octobre 2018, un don complémentaire au précédent a été effectué, comprenant 3 classeurs de photographies, ainsi que 18 bobines de films Super 8 sur la Touraine des années 1950 à 1970.


En 2015, une exposition Jean Chauvin, un regard tourangeau sur l'histoire (1939-1945) a été réalisée par les Archives d'Indre-et-Loire

L'exposition est composée de 3 parties.

La première partie : Un adolescent témoin et reporter montre le témoignage de Jean Chauvin, sur la seconde guerre mondiale en Touraine. Il est âgé de 15 ans en 1940, lycéen à Tours, puis étudiant en médecine en 1945. Il a conscience qu'il vit un moment historique, il tient son journal et complète ses écrits par des dessins et des photographies.

La seconde partie : Un adolescent engagé dans une Résistance intellectuelle montre ses réflexions et ses prises de risques face à l'occupation allemande. Ce n'est pas un résistant au sens d'un maquisard mais grâce à ses observations, il renseigne les résistants.

La troisième partie : Collecteur de la mémoire montre le rôle de Jean Chauvin après la guerre dans la collecte de documents iconographiques concernant la seconde guerre mondiale qui lui ont permis de réaliser livres et films. Il continue ainsi à témoigner.

Sa collection de 3000 photographies donnée en 2014 en demeure un inestimable témoignage.










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