Archives départementales d'Indre et Loire

Archives 37 Conseil général d'Indre et Loire

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Avant 1940 | Clergé et cultes | Avant 1790 |
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Introduction aux répertoires supplémentaires des sérieS G et H
 
Un premier inventaire d'archives ecclésiastiques -série G, clergé séculier- a été publié en 1882 par Charles Loizeau de Grandmaison, archiviste du département d'Indre-et-Loire. Un deuxième inventaire -série H, clergé régulier- rédigé par le même, a paru en 1891. Ces deux volumes ont été successivement réédités en 1993 et 1994. Dans ses préfaces, Ch. de Grandmaison a rendu compte de l'entrée des fonds de l'archevêché, des chapitres et des paroisses, des abbayes et des couvents. On les lira encore avec profit.

Nous publions aujourd'hui un supplément à ces inventaires. Depuis 1891, les services d'archives d'autres départements nous ont transmis des documents provenant des anciens établissements du diocèse de Tours et des particuliers nous ont donné ou vendu des pièces produites par ces mêmes établissements. En outre, dès 1850, l'administration des Domaines avait versé aux Archives départementales des registres concernant des biens d'Eglise saisis par la Nation, registres qui, hormis quelques mention marginales de l'époque révolutionnaire, avaient été tenus par les ecclésiastiques propriétaires de ces biens ou par leurs fondés de pouvoir. Ces registres n'avaient pas été pris en compte dans les inventaires de 1882 et 1891. Ce sont ces archives, classées dans un ordre identique à celui de 1882 et 1891, qui sont énumérées et décrites dans ce troisième volume de l'inventaire des archives ecclésiastiques d'Indre-et-Loire.

Le classement d'un fonds d'archives devrait mettre en évidence l'identité et l'activité des institutions -ou des personnes physiques- qui ont produit ces archives. Nos fonds étant toujours lacunaires, il nous paraît prudent de décrire ces institutions pour éclairer le lecteur.

  • L'archevêché
Selon la tradition liturgique, le premier évêque de Tours, Gatien, avait été ordonné par  l'apôtre Pierre. Cette prétention à l'origine apostolique, partagée par d'autres diocèses de France, n'est plus soutenable. Les historiens actuels ne situent pas l'épiscopat de Gatien avant 313, date d'édit de Milan qui institue la liberté des cultes dans l'Empire.

D'abord placée sous le patronage de saint Maurice, l'église cathédrale de Tours est passée sous celui de saint Gatien au XIVe siècle. On y desservait une cinquantaine de chapelles, mais aucune paroisse n'y est mentionnée avant le XVIIIe siècle.

Les limites de l'ancien diocèse de Tours étaient à peu près les mêmes que celles de l'actuel département d'Indre-et-Loire. Cependant le diocèse englobait le doyenné de Montrichard, rattaché aujourd'hui au diocèse de Blois et au département de Loir-et-Cher. En revanche, les paroisses de Chemillé-sur-Dême et des Hermites appartenaient au diocèse du Mans, et la paroisse de Monthodon au diocèse de Chartres. Celles de La Ferrière et de Cangey furent rattachées au diocèse de Blois créé en 1697. Richelieu, Champigny-sur-Veude, Chaveignes, Braye-sous-Faye, Faye-la-Vineuse et Jaulnay étaient situées dans le diocèse de Poitiers. Bourgueil, Château-la-Vallière, Rillé, Couesmes, Braye-sur-Maulne, Courcelles, Lublé, Saint-Laurent-de-Lin et Chouzé-le-Sec relevaient de l'évêque d'Angers. En conséquence, on trouvera dans les fonds de la série G des pièces qui concernent des paroisses situées en dehors de l'ancien diocèse à Tours et de l'actuel département d'Indre-et-Loire.

Le diocèse était divisé en trois archidiaconés, sans doute dès le VIIIe siècle : Tours, Outre-Loire, Outre-Vienne. A cette première division on a superposé très tôt un découpage en 5 archiprêtrés : Tours, Loches, Outre-Loire, Sainte-Maure et L'Ile-Bouchard. Mais la création des 23 doyennés n'est pas antérieure à 1673.

Landran, vivant en 815, fut le premier archevêque de Tours, avec juridiction sur les évêchés du Mans, d'Angers, de Nantes, de Rennes, de Dol, de Léon, d'Alet, de Quimper et de Vannes1. Mais la mort de Louis le Pieux en 840 permit l'émancipation du royaume de Bretagne, la création des évêchés de Saint-Brieuc et de Tréguier et l'élévation de Dol au rang de métropole en 848. Pendant trois cent cinquante ans, les papes écouteront les doléances des archevêques de Tours, procès de leur juridiction sur les évêchés bretons, tout en accordant l'usage du pallium aux évêques de Dol. L'autorité de Tours sur l'Eglise de Bretagne ne sera définitivement reconnue qu'en 1199 par Innocent III.

L'archevêque de Tours n'était pas le seigneur de la ville, mais il possédait un important temporel constitué pour l'essentiel par les baronnies d'Artannes, de Chinon et de Vernou. L'officialité diocésaine jugeait en première instance les affaires opposant les clercs entre eux et toutes les matières spirituelles. L'officialité métropolitaine connaissait des appels interjetés des sentences rendues par les officiaux de Tours et des évêchés suffragants. Outre l'archevêque, le chapitre cathédrale, les archidiacres de Tours et d'Outre-Loire, le grand-archiprêtre de Tours ont eu chacun sa cour et son official. Il faut se garder de confondre avec ces tribunaux ecclésiastiques les cours des fiefs laïques appartenant à l'archevêque et au chapitre. Mentionnons encore deux juridictions : la chambre diocésaine du clergé compétente pour toutes les impositions des clercs, la chambre souveraine du clergé qui recevait en appel les jugements des chambres diocésaines de la province ecclésiastique. Toutes ces juridictions ont laissé des archives, quelques pièces tout au moins. Les actes des synodes diocésains tenus à Tours deux fois l'an ont disparu totalement. Les actes des conciles provinciaux convoqués par l'archevêque à Laval, à Tours, à Château-Gontier, à Langeais, etc. -trente six conciles de 1201 à 1467- nous sont connus, partiellement, par des manuscrits conservés à Nantes, à Paris et au Vatican.

  • Le chapitre cathédral
Selon Grégoire de Tours, le chapitre cathédral a été créé par l'évêque saint Bauld au milieu du VIe siècle. Les chanoines étaient, au sens étymologique, les clercs inscrits sur la liste (canon en grec, matricule en latin) des personnes de l'entourage de l'évêque. Le compte de bourse du pain du chapitre pour l'année 1536-1537 (G 173) cite 39 chanoines, outre le doyen ; nous n'avons pas de compte exhaustif antérieur. C'est l'évêque, puis l'archevêque, qui nommait aux canonicats vacants, après avoir pris conseil des "prieurs" de l'église de Tours : le doyen, le grand archidiacre ou archidiacre de Tours, le trésorier, le chantre et le chancelier, qui étaient tous les cinq ses hommes liges. Ajoutons les archidiacres d'Outre-Loire et d'Outre-Vienne, le grand archiprêtre ou archiprêtre de Tours, et nous aurons les huit dignitaires du chapitre métropolitain.

Il faut distinguer ces dignitaires, tous chanoines, chargés de plus d'honneurs que de charges, de la trentaine d'officiers divers employés au culte divin et au service du chapitre. Le sous-chantre, le suppletier, le grand pénitencier, les archiprêtres, le secrétaire, le coulpier, les évangélistes, les chapelains, les musiciens et les enfants de choeur n'étaient pas tous chanoines.

Chaque chanoine jouissait d'une maison aux abords de la cathédrale, dans l'enceinte appelée cloître, et bénéficiait d'une prébende des revenus en nature et en espèces provenant de la propriété foncière. En outre, les chanoines partageaient les revenus des bourses communes alimentées par les domaines du chapitre en Touraine, en Anjou, en Beauce, en Saintonge et en Champagne. Quelques chanoines percevaient encore les revenus d'une chapelle, voire d'une paroisse ou d'un prieuré. Les dignitaires possédaient es qualité des terres en propre : Huismes était ainsi apanage du doyen.

Il serait injuste de ne pas ajouter que le chapitre a eu la charge de l'Hôtel-Dieu ou Aumône de Saint-Gatien jusqu'au XVIe siècle, et celle de la psalette et du collège jusqu'au XVIIe siècle. Le pape Clément VII a exempté le chapitre métropolitain de Tours de la juridiction archiépiscopale en 1382, mais cette exemption a donné lieu à procès jusqu'au XVIIIe siècle.

  • Les chapitres des églises collégiales
Les collégiales sont des églises desservies par les communautés de prêtres nommés chanoines.
Saint-Martin, Saint-Venant et Saint-Pierre-le-Puellier à Tours, les plus anciennes des 17 collégiales du diocèse, étaient d'anciens monastères. Plus souvent, les églises collégiales étaient des fondations royales ou seigneuriales, près de gros châteaux : Amboise, Bueil, Chinon, Loches, Luynes, Montrésor, etc. Le seigneur faisait construire une église, la dotait de revenus pour son entretien, et fondait, selon les moyens, un collège de 4, 8, 10 ou 12 chanoines chargés de prier pour lui-même et pour sa famille. Chacun des chanoines percevait les fruits d'une prébende. Il ne faut pas confondre ces chanoines séculiers, à l'instar des chanoines du chapitre métropolitain, avec les chanoines réguliers, qui sont des religieux soumis ordinairement à la règle de saint Augustin.
  • Les paroisses
On a défini la paroisse par cette formule : ecclesia cum decimis et batisterio et sepultura (une église avec des dîmes, un baptistère et un cimetière). Apparues à l'époque mérovingienne, les paroisses ont été fondées par l'évêque dans la cité, par les grands propriétaires monastiques et laïques sur leurs terres. Au XIIe siècle les paroisses du diocèse de Tours étaient à peu près fixées : l'architecture des églises rurales en témoigne encore bien souvent. On y comptait 288 paroisses au XIIIe siècle, 298 au XVIIIe siècle.

La cure de ces paroisses était rarement de plein droit à la nomination (ou collation) de l'archevêque. Celui qui avait fondé, bâti ou doté une église, avait acquis pour lui, pour ses héritiers, pour ses successeurs désignés par acte de donation entre vifs ou par testament, un droit de patronage sur la paroisse, dont l'une des prérogatives était la présentation à l'archevêque du candidat de son choix. L'archevêque nommait le desservant présenté par le patron, qui pouvait être le chapitre cathédral, le doyen de ce chapitre, un archidiacre ou un archiprêtre, un abbé ou un prieur, ou même un seigneur laïque. Sauf preuve contraire, le seigneur haut justicier était réputé être le fondateur et patron de l'église paroissiale. Le curé jouissait de revenus propres : le casuel, c'est-à-dire les honoraires payés à l'occasion de la célébration des sacrements, quelques dîmes, ou à défaut la portion congrue, c'est-à-dire la pension jugée "convenable" versée par les seigneurs ecclésiastiques ou laïques qui percevaient les dîmes. S'ajoutaient quelques rentes perçues lors de l'exécution de fondations de messes anniversaires et parfois les revenus d'une chapellenie.

Si le curé, à la demande de l'intendant de la province ou de son subdélégué, appelait au prône les habitants à s'assembler, il n'avait pas pour autant juridiction sur les affaires temporelles de sa paroisse. C'était l'assemblée des paroissiens, dite "générale" qui élisait chaque année les collecteurs des impositions et les fabriciers chargés de la gestion des biens et revenus affectés à l'entretien de l'église, à l'exercice du culte, parfois au fonctionnement de l'école. La cure et la fabrique ont des revenus séparés. Les comptes annuels des fabriciers, souvent conservés, sont une source précieuse de l'histoire des paroisses rurales.

On trouvera souvent, dans cet inventaire, les mots chapelle et chapellenie. Rappelons qu'étymologiquement le mot chape désigne ce qui couvre ou renferme quelque chose. La chape-saint-Martin était, en ce sens, un reliquaire que les rois de France transportaient avec eux. C'est de ce mot chape qu'on a tiré chapelle pour nommer un petit édifice isolé -ou une partie d'église- mis sous l'invocation de quelques saints, dans lequel la messe est dite ou chantée. Un autel qui n'est pas bâti sur le tombeau d'un saint contient toujours des reliques. Le chapelain est le desservant d'une chapelle, et la chapellenie est le bénéfice -profits et charges- de ce chapelain. La chapelle du roi est constituée des ecclésiastiques, des chantres et des musiciens affectés au culte sur le lieu de résidence du roi. Enfin, dans les inventaires de mobilier, le mot chapelle désigne l'argenterie dont on se sert pour le culte.

  • Les abbayes, prieurés et couvents, les commandeurs et les établissements hospitaliers
Dans la série H sont classés les archives d'institutions disparues. L'ancien diocèse de Tours a compté 17 abbayes d'hommes et de femmes et 4 prieurés conventuels. Les abbayes sont toujours des monastères importants, relevant généralement du pape pour le spirituel, du roi pour le temporel. La plupart des abbayes d'hommes étaient en commende, c'est-à-dire que la mense abbatiale - le tiers des revenus de l'abbaye - était attribuée par le pape à la personne à lui présentée par le roi. L'abbé commendataire ne résidant pas, l'abbaye était administrée par un prieur, dit prieur claustral.

Le mot prieuré désigne des réalités diverses. Un prieuré conventuel est une communauté monastique moins importante qu'une abbaye. Un prieuré-cure est une paroisse desservie par un membre du clergé régulier : les archives des prieurés-cures sont classés en série G, avec les archives de paroisses. Un prieuré simple est un petit bénéfice, sans conventualité sur charge d'âmes, possédé par un ecclésiastique séculier.

Alors que les abbayes avaient été fondées presque toujours en dehors des villes, les couvents des dominicains : frères prêcheurs ou jacobins, et ceux des franciscains : frères mineurs, capucins, cordeliers et récollets, qui fleurissent à partir du XIIIe siècle, sont toujours urbains. Dominicains et Franciscains s'établissent au milieu des hommes et des femmes de leur temps pour leur apporter l'Evangile, leur proposer la confession de leurs fautes et leur assurer une bonne mort : ils vivent de mendicité, sans revenus domaniaux. Il en sera de même des Carmes et des Augustins au XIVe siècle. Tandis que les abbayes étaient insérées dans la société féodale, les couvents des religieux mendiants sont des éléments du tissu urbain.

Les congrégations et sociétés fondées au XVIIe siècle diffèrent de toutes les formes antérieures de vie religieuse. Elles sont créées dans un but bien précis : l'enseignement, le soin des malades, l'accueil des filles repenties, la lutte contre l'hérésie calviniste. Et leurs membres ne sont pas toujours, canoniquement, des religieux, mais des personnes pieuses associées pour remplir la tâche assignée par le fondateur.

Le lecteur trouvera dans ce supplément à la série H quelques pièces d'archives concernant des commanderies de l'ordre de saint Jean de Jérusalem (dite de Malte). Que le lecteur n'imagine pas ces commanderies peuplées, aux XVIIe et XVIIIe siècles, des moines-soldats attendant l'assaut des infidèles. Ce sont des bénéfices -des dominicains produisent des revenus, grevés de quelques charges- accordés aux chevaliers de Saint-Jean. Recrutés exclusivement dans la noblesse, les chevaliers servent le plus souvent dans la marine.

Les charités, léproseries, maladreries, aumônes, maisons-Dieu, hôtels-Dieu et autres établissements hospitaliers ont été créés en grand nombre au Moyen-Age. Fondations d'origine privée, pour l'amour de Dieu ou du prochain, ces établissements ont d'abord été gérés par le clergé seul. La laïcisation de leur administration a commencé au XIVe siècle, et l'ordonnance de Blois de 1579 a prescrit "de n'établir au gouvernement des fruits et revenues des maladreries et hôpitaux, autres que simples bourgeois, marchands ou laboureurs, et non personnes ecclésiastiques, gentilshommes, archers, officiers publics, leurs serviteurs ou personnes par eux interposées" (art. 65). En clair, l'ordonnance de Blois refuse qu'un établissement hospitalier devienne une source de revenus pour une autorité ecclésiastique ou laïque.

  • Ce supplément aux séries G et H ne comble pas les lacunes des fonds inventoriés précédemment.
 On y cherchera vainement des renseignements sur l'architecture des abbayes. Nous avons ici encore des titres de propriété et surtout des titres de rentes. Cependant la typologie des documents est plus variée.

On trouve dans ce supplément des cédules de profession religieuse, des attestations de collation de tonsure, de la correspondance, des journaux de dépenses, documents qui faisaient défaut précédemment parce qu'ils ne relevaient pas des critères de conservation lors des tris de l'époque révolutionnaire. Nous avons signalé ces pièces d'archives dans l'inventaire. Nous avons aussi mis en évidence les titres de fondation de messes, conservés comme titres de rentes.

Rappelons que les lacunes des séries G et H peuvent parfois être comblées par les archives d'autres fonds. Les collections de cartes et plans et de documents figurés contiennent des pièces déjà cotées en G et H et des pièces de diverses provenances, relatives aux séries G et H. Dans le minutier des notaires (3 E) on trouvera des procès-verbaux d'assemblées de paroissiens, des marchés de travaux à faire à des couvents, parfois accompagnés de plans, des inventaires de mobilier d'église, des actes de notoriété établissant les degrés de noblesse nécessaires au postulant à l'ordre de Malte. Dans les fonds de l'état civil (4 E) on pourra consulter des registres de vêture, de profession religieuse, de sépulture de religieux et de laïcs dans les églises des couvents. Le fonds du château de la Vallière à Reugny (fonds privé coté 65 J) contient des archives de l'hôpital de Lublé. Les fonds de communes (E dépôt) contiennent des archives des anciennes paroisses. Les fonds des établissements hospitaliers (H dépôt) sont d'une grande richesse. On y trouvera les titres propres des hôpitaux, des origines au XIXe siècle, et les titres des rentes qui leur ont été dévolues à la Révolution. Ces titres avaient appartenu aux chapitres, aux abbayes et aux couvents. Signalons encore des dizaines de livres de comptes de la collégiale Saint-Martin, soustraits aux saisies révolutionnaires, conservés par la Société Archéologique de Touraine à Tours.


D'après Yves Le Sage de La Haye
mise à jour en 2012

1. Selon M. Laurencin, "on a parfois indiqué, dans certains articles, que le diocèse de Tours n'avait été érigé en archidiocèse qu'en 815. A tort. C'est en effet au Vème siècle que le diocèse de Tours devient archidiocèse et non en 815. A l'époque de saint Martin (IVème siècle), Tours n'est encore que diocèse suffragant de l'archidiocèse de Rouen. En novembre 567 se tient à Tours un concile provincial réunissant les provinces ecclésiastiques de Tours, Rouen et Sens. On y signale la présence des deux archevêques métropolitains : Euphrone de Tours qui préside et Prétextat de Rouen ; et pour la province de Tours, les évêques de Nantes, Angers, Rennes, Le Mans. De plus, au concile d'Orléans en 511, on signale la présence de Licinius (507-519), désigné comme archevêque métropolitain de Tours et de certains évêques de cette province : ceux du Mans, d'Angers, de Nantes, de Rennes, de Vannes; ce qui signifie bien, qu'avant cette date de 511, Tours était déjà un archevêché et conforte l'idée de l'érection du diocèse en archidiocèse au Vème siècle (voir Odette PONTAL, Histoire des conciles mérovingiens, éditions du Cerf, 1989). D'ailleurs, une disposition spéciale adoptée par le concile mérovingien de Tours en 567 y rappelle la subordination des évêchés bretons à l'archevêque métropolitain de Tours. L'évêché de Dol fera cependant sécession en 848 avec la création de la province de Dol, contestée par Tours. Cette province de Dol subsista jusqu'au XIème siècle et le conflit fut définitivement réglé au profit de l'archevêque de Tours par le pape Innocent III en 1199". (Note de Michel Laurencin, juin 2012).


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