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Les tracts, outils de propagande et arme psychologique pendant la Seconde Guerre mondiale

Tout comme la publicité, la propagande vise à influencer ou conditionner l'opinion par toutes sortes de moyens, y compris le mensonge. Il s'agit de répandre et d'imposer dans les esprits une certaine vision du monde, voire une idéologie politique (ou religieuse) de façon à légitimer un projet ou un pouvoir existant.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, chaque camp utilisa la propagande comme arme psychologique par le biais des tracts, des affiches, des journaux et de la radio, dont le pouvoir sur l'opinion collective était de plus en plus grand.
Même si la propagande nazie, relayée par le gouvernement de Vichy, et celle des Alliés avaient des buts opposés, les procédés techniques étaient communs à tous les tracts : la répétition, l'utilisation d'images fortes, la caricature et l'usage de phrases courtes et simples, compréhensibles par tous et faciles à retenir. On retrouvera ces procédés après 1945, dans le cadre de la Guerre Froide et jusqu'à nos jours.
 
  • La propagande du gouvernement de Vichy
Le terme de propagande est utilisé couramment par le régime de Vichy à partir de juillet 1940. Il faut dire que ce terme n'avait pas alors la connotation péjorative qu'il a pris par la suite.
La presse écrite (sous contrôle de la censure), la radio (Radio Vichy dirigée par Paul Marion), les affiches et les tracts imprimés sur ordre du gouvernement français devaient célébrer la personne du Maréchal Pétain et les valeurs de la «  Révolution Nationale ».
On peut distinguer 4 axes principaux dans cette propagande vichyste :
- le culte du Maréchal, présenté comme « le sauveur de la France », selon les paroles de l'hymne «  Maréchal, nous voilà »
- la justification d'un régime autoritaire et nationaliste (xénophobe et raciste)
- la collaboration avec l'Allemagne nazie dans le but commun de lutter contre les juifs et les communistes
- la construction de « l'Ordre Européen », « ordre nouveau » voulu par Hitler et où la France aurait sa place, pourvu qu'elle adopte les valeurs du fascisme.
  • La propagande allemande
Elle commence dès l'occupation du territoire français en 1940. Contrôlée par le ministère allemand de l'Education et de la Propagande, dirigée par Goebbels, elle a pour objectifs la sauvegarde de l'ordre public, l'adhésion de l'opinion à la politique de collaboration, la mise en valeur du régime nazi et de son invincibilité.
L'endommagement d'affiches de l'autorité occupante était considéré comme un acte de sabotage.
  • La propagande des Alliés : un outil pour la Résistance

Dès 1940 apparaissent les premiers tracts contre l'Occupant, souvent dactylographiés, voire écrits à la main. N'ayant que peu de moyens techniques, les Résistants doivent redoubler d'imagination, de courage et de solidarité pour mener à bien leurs actions.

La presse clandestine est alimentée par des agences de presse, dont la plus importante fut le Bureau d'Information et de Propagande (BIP) créé en 1942.
  • Diffusion et répression
Les avions britanniques de la Royal Air Force et les avions américains de la United States Air ont joué un rôle très important pour la diffusion des tracts par parachutage, comme en témoignent les extraits des rapports de gendarmerie : « le passage d'un avion m'a été signalé (...). Cet appareil se dirigeait d'est en ouest, donnait l'impression de voler très haut (..). Tracts d'origine anglo-américaine (...) lancés d'avions sur la commune. »
La gendarmerie avait pour mission de récupérer les tracts et de les transmettre aux autorités allemandes (certains autres tracts sont d'ailleurs conservés dans les archives allemandes conservées en série ZA ; cette série contient également des tracts trouvés sur la voie publique et précieusement conservés par le directeur des Archives départementales de l'époque) et aux services de la préfecture. C'est d'ailleurs grâce à cette confiscation réglementaire, conservée dans les archives du cabinet du préfet (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 10W65, 83W1), que nous disposons d'exemplaires de tracts. D'autres exemplaires proviennent de dons faits par des particuliers (Archives départementales d'Indre-et-Loire, fonds Goupille, 42J7). Malgré l'interdiction faite par les Allemands de posséder des tracts anti-allemands, sous peine d'emprisonnement, ces personnes les avaient conservés, puis les ont donnés aux Archives départementales, après la guerre, en témoignage de cette époque.

 

 

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(taper "tract" dans le champ recherche simple)

Texte écrit par Alain Pauquet, professeur missionné par le rectorat d'Orléans-Tours pour les actions éducatives aux Archives départementales (juin 2011).

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