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Il y a 110 ans paraissait le premier guide de la "Loire à vélo"
 
  • L'itinéraire qui servait de circuit ne portait pas ce nom , mais c'était déjà bien la Loire qui servait de fil conducteur au guide Flammarion édité en 1900, intitulé Tours à Beaugency, par route ou par chemin de fer - mais aussi en bicyclette.

 

Couverture du guide Flammarion

Couverture du guide
(Archives départementales d'Indre-et-Loire)

 

Cet ouvrage fait partie d'une collection de guides édités au début du XXe siècle concernant des circuits d'une cinquantaine de kilomètres au départ de Paris. Les guides sont édités par étapes. Un premier recueil concerne le parcours de Paris à Etampes, puis un deuxième d'Etampes à Orléans et Beaugency, et le troisième de Beaugency à Tours.

Ce guide a été réalisé par Albert Sauvert, qui est ingénieur diplômé de l'Ecole Centrale. Il exécute non seulement les cartes routières, mais aussi les illustrations, comme celles de la couverture et des pages intérieures, qui prouvent son talent de dessinateur.

Le développement du chemin de fer, au milieu du XIXe siècle, a entraîné la création de guides de voyages. C'est d'ailleurs dans la collection de la Bibliothèque des chemins de fer que sont publiés en 1853 les premiers guides de voyage édités par Hachette.

 

A partir de 1860, ce sont deux célèbres collections qui se partagent les faveurs des voyageurs.

Les guides Joanne, du nom de leurs auteurs Paul et son fils Adolphe Joanne, sont écrits sur le principe de « guides-itinéraires », d'abord en relation avec l'ouverture des lignes de chemin de fer, puis selon un nouveau plan qui correspond aux grandes régions du pays : l'Itinéraire général de la France. Cette entreprise avait pour but de couvrir l'ensemble du territoire français et d'en décrire à la fois les curiosités touristiques mais aussi les ressources naturelles, les activités artisanales et industrielles et les débouchés commerciaux. L'ensemble de la France est couvert par 10 guides entre 1861 et 1868.

Les guides Baedeker, du nom de leur auteur, l'Allemand Karl Baedeker, ont surtout innové à partir de 1870 en remplaçant le format encyclopédique et les gravures des vues pittoresques des premiers guides de voyage par le "format de poche" et de nombreuses cartes et plans de villes.

 

C'est cet aspect pratique que l'on retrouve dans le guide Flammarion De Beaugency à Tours, publié en 1900. L'itinéraire est divisé en étapes d'une dizaine de kilomètres, présentées chacune sur une double page.

La page de gauche

Visite de Tours (page de gauche) - vignette
                                            
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Cette page est illustrée par la carte du chemin de fer avec le tracé de la ligne ferroviaire.

 

Sur la colonne de gauche figure le commentaire des photos qui illustrent la page de droite.

 

La colonne de droite comporte les indications pratiques concernant l'itinéraire emprunté par les automobiles et les bicyclettes : "On arrive à Tours par le pont de pierre, complètement pavé, aboutissant à une jolie place décorée de parterres et de statues. Après avoir traversé cette place, on s'engage droit devant soi dans la rue Royale, étroite et pavée. Cette rue conduit à l'immense place du Palais, décorée de pelouses, de statues et de beaux monuments. Le pavage s'arrête à cette place, sa longueur totale dans Tours est de 1500 m."

 

Ces informations sont complétées par la mention des noms et adresses des mécaniciens, des noms des cafés et des hôtels.

La page de droite

Visite de Tours (page de droite) - vignette
                                             
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Cette page est illustrée des photographies des monuments jugés dignes d'être vus lors de la visite de Tours.

La statue de Descartes "célèbre philosophe né en Touraine, en 1595, d'une famille noble".

Le pont suspendu de Tours "construit à peu près à l'endroit qu'occupait l'ancien pont de bois, édifié au XIe siècle".

Les ruines du cloître de Saint-Martin "faisaient partie, au XVIe siècle, de l'abbaye que la ferveur religieuse édifia autour du tombeau du vénérable prélat. Ce petit bijou d'architecture Renaissance, construit par Bastien François, est enclavé dans les dépendances de la communauté religieuse du petit Saint-Martin, qui autorise à visiter ces précieux débris (sic)".

La carte de la route cyclabe est complétée par des informations données sur la page suivante :

"De la place du palais, il faut continuer à rouler droit devant soi et parcourir d'un bout à l'autre la superbe avenue de Grandmont (macadamisée, rails de tramway) conduisant au pont sur le Cher.

A 600m de ce pont, deux coudes brusques très dangereux sur une forte pente conduisent au plateau de Chambray."

Il est amusant de noter que les rails de tramway de l'avenue de Grandmont, qui avaient disparu dans les années 1930, vont de nouveau être replacés en 2012.

Les monuments de Tours

 

Visite de Tours. Guide Flammarion

 

Le pont de Tours "construit au milieu du XVIIIe siècle par Bayeux... ".

La cathédrale de Tours "passe pour une des plus belles de France, construite à la fin du XIIe siècle dans le style flamboyant ogival".

L'hôtel Jean de Galland "charmante construction du XVe siècle, que fit construire Jehan de Galland, l'argentier de Louis XI".

Il s'agit en réalité de l'hôtel Babou de la Bourdaisière, situé 8-10 place Foire le Roi, construit vers 1520, pour Philibert Babou, surintendant des Finances sous François Ier et maire de Tours.

On remarque sur la carte que la "route cyclable" emprunte non pas - comme actuellement - la rive gauche de la Loire, mais la rive droite, par Vouvray et Rochecorbon.

 

La visite d'Amboise

 

Amboise

 

La photo n°1 illustre un monument situé dans le Loir-et-Cher : les ruines du château de Bury. Construit dans les anées 1520 pour Florimond Robertet, secrétaire des rois Charles VIII, Louis XII et Francois Ier, le château fut laissé à l'abandon sous Louis XIV et démantelé. Ses pierres furent utilisées pour la construction par les habitants des environs. Seul subsiste encore actuellement une tour de l'ancien château.

Les autres photographies représentent les vues traditionnelles du château d'Amboise et de la chapelle Saint-Hubert situé dans l'enceinte du château.

La "route cyclable" est ainsi commentée :

"Après le village de Veuves : route toujours bien entretenue et horizontale. A gauche, sur l'autre rive, on aperçoit le hameau de Mosnes ; à droite, celui de Cangey. Nous roulons maintenant entre le fleuve et la voie ferrée sur une route magnifique, d'où le panorama sur la Loire est admirable. On distingue à l'horizon, et de l'autre côté du fleuve, les flèches et les clochetons d'Amboise et de son célèbre château".

 

Sur les dernières pages du guides figurent les encarts publicitaires :

 

 

Publicité : journal La Vie au grand air - vignette
                                             
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Deux publicités concernent des revues sportives : Le Journal des Sports, "le seul organe complet de tous les sports", et La Vie au Grand Air, "la seule revue illustrée de tous les sports".

 

Publicité Peugeot - vignette
                                             
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D'autres publicités concernent les cycles et les automobiles.

Les pneumatique Michelin, "le père des démontables" : c'est d'ailleurs à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris en 1900 que Michelin édita son premier guide touristique, qui était offert avec l'achat de pneumatiques.

Les pneumatiques Dunlop, "le pneumatique du Touriste, apprécié et préféré par tous à cause de sa qualité. Le premier en date comme en perfection".

Les cycles Peugeot, qui font valoir les récompenses obtenues lors de courses.


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